Articles avec le tag ‘autocollants’
Conseils anti-énervement (vécu et approuvé)
Tous les ingrédients sont réunis pour nous offrir une cure intense de grise mine avec particules de mauvaise humeur intégrées. Quand il m’arrive d’avoir très fortement envie d’écraser par mégarde les escarpins chromées de la vilaine peste qui m’a démis le bras en s’acharnant à rentrer dans la rame surchargée au prétexte que “cela fait le troisième que je laisse passer” (tu n’es pas la seule ma grande…), et que la partie reptilienne de mon cerveau est à deux doigts de prendre le dessus sur la construction civilisée de ma conscience, j’ai deux une astuces pour retrouver la sérénité et entamer gaiement la journée.
- imaginer une décoration qui ferait des transports publics un espace paisible et convivial, même en situation critique - le matin entre 9h et 9h32 par exemple.
Il est cependant à noter que sur ce point, et du moins en l’état parisien de mes connaissances actuelles, de substantielles améliorations ont été apportées, ce qui a d’ailleurs pour effet de m’inciter d’autant plus à la rêverie décorative ayant pour objet le transport en commun.
Rendre le trajet agréable, c’est à mon avis plus simple qu’on ne le croit, et surtout affaire de comportements. Alors pour initier la joie et le bien-être aux pires heures de la cohue, je propose aux Régies de transport autonomes ou municipales les suggestions suivantes :
- Repenser la décoration murale des habitacles, et profiter de l’engouement quasi universel pour les autocollants ardoise (comme ici en version ménagerie par Coco Bohème) pour proposer un mur entier de libre expression aux voyageurs fatigués et/ou énervés ?
- Prévoir un éclairage plus tamisé, histoire d’éviter aux jeunes et jolies femmes de prendre trop abruptement conscience que quelques poils disgracieux ont résisté à l’assaut de la pince à épiler… J’imaginerais par exemple très bien ce modèle urbain-chic de chez Artemide, variable en nuances et en intensité, au-dessus de ma tête sur le toit bringuebalant du métropolitain.
- Et s’il m’était permis de rêver au meilleur des mondes possibles, je proposerais enfin que les transports en commun soient équipés de machines à café, de poubelles à tri sélectif, de diffuseurs de parfum, de musique douce, de passagers souriants. Mais là, ce serait sans doute franchement divaguer.
Et pour info…
¡ʇnoʇ zǝʌɐs snoʌ ‘àlıoʌ ˙˙˙ɐıʇuɐqɐɹq ǝp uıʍʇ ǝlèpoɯ ǝl ʇsǝ ǝllǝqnod ɐl ʇǝ sǝɹèɯéɥdé suoısɐʌuı sǝp dn-uıd ǝıloɾ ɐl ‘ıʇʇɐƃnq ɐsɐɔ zǝɥɔ ǝp ʇuǝıʌ éɟɐɔ ɐ ǝuıɥɔɐɯ ɐl
Scotchant
Personnellement, je reste circonspecte, comme beaucoup, je ne suis pas insensible aux charmes chatoyants de ces motifs qui ont l’avantage d’introduire un peu de profondeur dans des pièces trop blanches et austères… mais je ne m’aventurerais pas à y voir une révolution de l’esprit déco, d’autant que je continue de penser qu’ils trouvent une place privilégiée dans des espaces enfantins. Affaire de goût sans doute.
Si je pousse la réflexion un peu plus loin, je crois que je suis un peu gênée par le manque de relief de ces lisses apparats… un peu trop sages, un peu trop beaux pour être vrais.
Un modèle cependant ne me laisse pas indifférente : les adhésifs pour plafond imitation plafonnier, une fantaisie plutôt charmante qui pourrait satisfaire tous ceux qui désespèrent d’habiter un difficilement abordable “moulure-parquet-cheminée”.
Conçus par la très internationale et talentueuse graphiste Sofia Antonovich, ces stickers vinyles ajustables seyants à souhait ont le bon goût de la délicatesse et une élégance au juste croisement de la sobriété et du foisonnement.
L’imagination de Sofia Antonovich semble ne pas connaître l’angoisse de la page blanche, elle conçoit sans relâche depuis plusieurs années des autocollants pour quasiment toutes les pièces de la maison, des plus abstraits aux plus figuratifs : silhouettes, trompe l’oeil, fleurs, frises… tout y passe, et elle n’est pas la seule sur le créneau.
Dans un registre un peu différent, le collectif Cocobohème formé par Catherine Fouchard et Christian Mégevand a repensé le concept de tableau noir en imaginant des pense-bête ardoise autocollants en forme d’animaux ou de végétaux dont les silhouettes épurées ne peuvent pas laisser indifférent. Plaisants et fonctionnels, ils ont un je-ne-sais-quoi de douceur naïve qui explique sans doute assez la réussite consensuelle du produit.
Autrement plus subversif, le groupement Domestic s’oriente plus radicalement dans une esthétique à mi-chemin entre le néo-réalisme et le style comics. Dans ce cadre, l’artiste Geneviève Gauckler a développé une série fantasmagorique de gentils monstres et d’énigmatiques bonshommes pour décorer les chambres d’enfants, lesquels ont plutôt tendance à m’effrayer, mais qui ont une réelle épaisseur, du fait précisément de leur aspect étrange et inattendu.
Une chose est sûre, pour les amateurs du genre, le bonheur est parti pour durer.












