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Petit plaisir régressif
Est-ce l’approche du printemps et du renouveau de la nature ? Je me sens ces temps-ci pleine de nostalgie pour les menues sensations de notre enfance, de celles qui, bon an mal an, continuent de nous envahir bouleverser sans crier gare, en effeuillant un Carambar ou en humant l’odeur des cahiers neufs…
Ma madeleine de Proust à moi se situe plutôt du côté des déjeuners à la cantine, guère pour la succulence des repas, mais pour les inusables couverts qui, de maternelle en primaire, de primaire en secondaire, sont devenus d’inusables compagnons de route.
Inutile de vous avouer, donc, que j’eus presque la larme à l’œil quand, par le nom alléchée, je contemplai la French carafe (sic) proposée par Royal VKB. A première vue, rien que de très basique, une carafe donc, qui en plus d’être plutôt jolie se veut astucieuse, puisqu’elle permet en son sommet d’y tenir empilés quatre verres….
Et ces verres, en réincarnation inattendue des Duralex nationaux, n’ont évidemment pas manqué de faire vibrer la corde sensible en réveillant en moi les souvenirs enfouis des déjeuners passés à comparer nos âges au fond de nos godets… Je ne sais pas si Royal VKB a poussé l’hommage jusqu’à numéroter les fonds, mais ce détail ne m’empêche cependant pas d’applaudir à tout rompre…
Joindre le futile à l’agréable
Et comme j’essaie aussi d’avoir deux doigts de jugeote, je sais bien que ce qu’il y a d’intéressant à désirer quelque chose, c’est bien la délicieuse période de latence préalable, celle où nous sentons monter en nous la joie promise de posséder enfin l’objet tant espéré…
Mais j’ai beau me soumettre à cette (monacale, il va sans dire) discipline de mesure et de tempérance, mon naturel futile a tendance à revenir au galop… je me laisse forcément prendre au piège jeu des menus accessoires et autres belles choses dont il me semble que l’acquisition rendrait ma vie ô combien plus délectable… Il ne me reste donc plus qu’à me livrer à une joute rhétorique et dialectique avec moi-même afin de pouvoir justifier de l’absolue nécessité de mes caprices à la bonne marche du foyer… Travaux pratiques :
Le principe est simple : il devient malléable passé sous l’eau chaude, puis se rigidifie à l’eau froide une fois la forme idoine trouvée. Cette idée lumineuse nous vient de PA Design, qui se surpasse décidément pour nous proposer des objets du quotidien revisités par le biais de l’humour et de la différence.
Maintenant que je me suis (légitimement) accordée une nouvelle sauteuse, ma (future hypothétique) cuisine (aménagée) s’avère déjà plus reluisante. Hélas - trois fois hélas, je n’ai toujours que de banales casseroles, qui ne me permettent pas de mijoter ni d’étuver comme il se doit mes emplettes maraichères du marché…
Ils ne sont pas magnifiques, ces récipients conçus par le designer néerlandais Jan Hoekstra, ici en pleine démonstration?
Il a pensé sa gamme en tenant compte des aspirations de chaque amateur de cuisine à la maniabilité et la performance : même si pour vous cuire un œuf relève de la gageure, vous vous êtes forcément un jour ou l’autre confronté à la difficulté de vider l’eau d’une casserole sans vous ébouillanter et/ou répandre la moitié du contenu dans l’évier évidemment encombré de toute part parce qu’il est tellement plus drôle d’attendre que les reliefs des précédents repas se soient fossilisés sur les assiettes pour commencer à les laver.
Ici, le problème est doublement facilité grâce au système de fermeture des couvercles qui vous offrent le luxe de vider ladite eau majestueusement, et aux anses enfin larges et recourbées qui permettent une prise en main totale. Il va falloir que je trouve le moyen de rendre mes outils de cuisson inutilisables.
En matière de décoration intérieure, j’ai un Trouble Obsessionnel Compulsif, celui des petits luminaires. Ma collection commence à être conséquente, entre lampes, photophores et bougies. Mais ce n’est naturellement jamais assez, j’en trouve toujours de plus attrayantes.
Alors pour m’autoriser cette brique lumineuse éditée par Suck, qui renferme une ampoule photovoltaïque (ce qui implique l’absence totale de tout système électrique), je vais tout simplement me contenter faire jouer la carte de l’émotion et de l’économie écologique.
Je suis sûre que vous débordez vous aussi de ressources et d’inventivité pour vous accorder de petits plaisirs décoratifs… Maintenant que je vous ai livré quelques uns des miens, j’attends les vôtres !
Green peace
Faites-vous partie de ces heureuses mains vertes qui réussissent à coup sûr plantations et ornements floraux?
J’envie votre chance et votre talent, que je ne partage malheureusement pas. En dépit de toutes mes attentions, les plantes ont le mauvais goût de dépérir à mon contact. A l’heure où j’écris ces lignes, vous me voyez pleine d’inquiétude pour la superbe orchidée qui m’a été récemment offerte , et qui n’a pas encore subi cette terrible malédiction - vous pourrez légitimement arguer du fait que je place la barre très haut et qu’une orchidée est suprêmement fragile et délicate à entretenir… mais est-il ornement floral plus gracieux que les orchidacées ?
Cette réalité est d’autant plus regrettable que les plantes animent avantageusement tous les intérieurs, et participent à ce titre intégralement d’une décoration réussie. Plus encore, verdure, fleurs et autres graminées investissent désormais l’univers du design et de l’architecture urbaine, à grand renfort de murs végétaux, de toitures jardins et de matériaux naturels. Sans vouloir crier derechef à la révolution culturelle, la combinaison du minéral et de l’organique étant sans conteste une réalité ancestrale, je suis en admiration devant les initiatives verdoyantes qui fleurissent (notez la métaphore filée…) au gré des rues et de certains bâtiments publics.
Mais revenons-en à nos moutons la question des végétaux dans la décoration intérieure. Les infortunés de mon espèce, qui ont renoncé à enrichir jardineries et fleuristes en investissant dans des plantes prétendument résistantes, lesquelles n’auront, pour finir, pas survécu 30 jours à leur nouveau domicile, considèreront sans doute d’un œil avisé l’extension de la taxidermie au monde floral. Les plantes stabilisées de Meamea, sous forme de tableaux à suspendre ou en pot, peuvent en effet offrir un bon expédient à tous ceux qui anéantissent jusqu’aux cactus.
Le principe est simple et efficace : de véritables végétaux sont sélectionnés et traités de façon à remplacer leur sève par de la glycérine - une nouvelle vertu à ajouter à la longue liste des qualités de ce composé aux mille usages -, figeant ainsi feuilles, tiges et couleur. En respectant quelques précautions d’emploi, vous pourrez enfin être fiers de vos plantations, tout en vous épargnant arrosages, effeuillages et rempotages. Notons que le procédé de stabilisation est non-polluant et totalement biodégradable, et que ces créations sont prévues pour durer plusieurs années.
Quoique ayant un petit faible pour les tableaux végétaux de la gamme, je ne suis cependant pas très à l’aise avec le principe, qui n’est pas sans me rappeler celui de la naturalisation de nos amies les bêtes. cela étant, cette considération reste personnelle : certes ne suis-je pas pleinement en accord avec les prosopopées qui demandent : “Objets inanimés, avez-vous donc une âme/Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer?”… Cela ne m’empêche cependant pas de louer l’aspect remarquable de ce concept ni de voir en Lamartine une charmante incarnation du romantisme.
Peut-être devrai-je cependant un jour mon salut jardinier à mon intérêt pour la chose culinaire. En bonne amatrice de cuisine et de petits plats, j’ai un intérêt très marqué pour les épices et les aromates de toute sorte. C’est évidemment dans la fraicheur que ceux-ci révèlent l’absolu de leur saveur, et j’ai depuis un certain temps dans l’idée qu’un mini-potager apportera à mes préparations une plus-value gustative appréciable, tout en m’ouvrant la voie à un apprentissage horticole accéléré.
Cruel dilemme qui est le mien cependant : lequel, parmi les pots à herbes aromatiques imaginés respectivement par Saga et par Royal VKB, remportera mon suffrage ?
Le premier, tout en grès, est ravissant avec ses trois bacs siamois montés sur une réserve d’eau facile d’accès, et le second n’est rien moins qu’un véritable jardin en miniature, avec ciseaux de taillage discrètement intégrés à la structure en résine de mélamine à l’entourage légèrement grisé. Nul doute que la décision va être difficile à prendre…














